Présidentielle: les petits candidats
en quête de voix

Le 19 mars 2017

Quel score va faire Jean Lassalle ? Le suspense est à son comble…

Par Henri Saint-Amand

Le Conseil constitutionnel vient de valider les parrainages permettant à onze candidats de se présenter à l'élection présidentielle qui se tiendra le 23 avril (premier tour) et le 6 mai (second tour). À l'aune des neuf élections précédentes, ce nombre de candidats reste dans la moyenne du nombre de candidats qualifiés pour le premier tour. En effet, pas moins de 91 candidats se sont présentés entre 1965 et 2012, soit un peu plus de dix candidats par élection. Les règles pour concourir restent assez strictes et doivent, en principe, empêcher l'émergence de candidatures jugées « farfelues », tout en permettant de représenter les principales sensibilités politiques du pays. Il faut également, à travers ces règles, tenter de respecter l'équilibre du bipartisme et de bipolarité de l'espace public tel que la Constitution du 4 octobre 1958 souhaite l'appliquer.

C'est l'année 1965, premier scrutin au suffrage universel de la V e République, qui accueille, à ce jour, le plus petit nombre de candidats. Ils ne sont que six : Charles de Gaulle, François Mitterrand (candidat unique de la gauche), Jean Lecanuet (MRP), Jean-Louis Tixier - Vignancour (sans étiquette), Pierre Marcilhacy (Parti libéral européen) et Marcel Barbu (sans étiquette). En revanche, c'est l'année 2002 qui voit se présenter le plus grand nombre de candidats (seize), parmi lesquels des figures très connues : Arlette Laguiller, Robert Hue, Lionel Jospin, Jean-Pierre Chevènement, Christiane Taubira, Noël Mamère, Corinne Lepage, François Bayrou, Jacques Chirac, Alain Madelin, Christine Boutin, Bruno Mégret, Jean-Marie Le Pen…

Il n'en reste pas moins que, depuis 1965, la moyenne des candidats qualifiés pour le premier tour a presque doublé, permettant même à certains électrons libres d'obtenir quelques suffrages. Qui se souvient de Louis Ducatel, ingénieur de formation, plutôt proche des radicaux-socialistes, qui a recueilli 1,27 % à l'élection de 1969 ? Qui se souvient qu'à cette même élection, Alain Krivine, candidat de la Ligue communiste, était appelé du contingent et qu'il servait comme deuxième classe au 150e régiment d'infanterie près de Verdun.

Cette situation inédite ne s'est jamais reproduite depuis. Krivine a quand même recueilli 1,06 %. La présidentielle de 1974 a sans doute rassemblé le plus de petits candidats méconnus, voire inconnus. En dehors du strict et rigide Jean Royer, alors maire de Tours (3,17 %) se présentent des météores politiques comme Émile Muller (0,69 %), maire de Mulhouse, René Dumont, premier candidat écologiste (1,32 %), Bertrand Renouvin , de la Nouvelle Action royaliste (0,17 %) ou encore Jean-Claude Sebag (0,16 %), soutenu par le Mouvement fédéraliste européen, et Guy Héraud . Ce dernier réalise, avec 0,07 % (19.255 voix), le score le plus petit jamais réalisé lors d'une présidentielle. C'est au cours de cette année 1974 que Jean-Marie Le Pen (FN, 0,75 %) recueille ses premiers suffrages, avec l'ascension que l'on connaît par la suite. En 1981, l'ancien Premier ministre Michel Debré (1,66 %) et la conseillère de Chirac Marie-France Garaud (1,33 %) mordent la poussière à droite comme Huguette Bouchardeau et Michel Crépeau la mordent à gauche. Le Parti des travailleurs, avec Pierre Boussel (0,40 %) en 1988, Daniel Gluckstein (0,47 %) en 2002 et Gérard Schivardi (0,44 %) en 2007 font nettement moins bien que Chasse, pêche, nature et traditions en 2002 (4,23 %) et 2007 (1,15 %).

Toute la question est, bien sûr, de savoir si Jacques Cheminade (0,25 %), Nathalie Arthaud (0,56 %) et Philippe Poutou (1,15 %) feront mieux ou moins bien qu'en 2012. Quel score va faire Jean Lassalle ? Le suspense est à son comble… Résultat le 23 avril au soir.

Source : ‘Boulevard Voltaire'

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