Bahamas Leaks : l'eurocratie
sur le banc des accusés

 

Le 25 septembre 2016

L'Union européenne n'est pas qu'un désastre politique et économique. C'est aussi, et avant tout, une faillite morale.

Par Gabriel Robin

Rappelez-vous, au moment du scoop du siècle des Panama Papers, les journalistes excités comme des moustiques à la vue du sang vendaient la mèche la veille des révélations, croyant tenir l'arme ultime contre le Front national. Puis tout fit pschitt, car il n'y avait rien. En revanche, quand on sut quelques mois plus tard que José Manuel Barroso partait se vendre chez Goldman Sachs, peu furent ceux d'entre eux qui traitèrent l'affaire… Aujourd'hui, une autre figure de l'eurocratie est éclaboussée par un scandale : Neelie Kroes, ex-commissaire européenne à la concurrence (2004-2009) de la commission Barroso.
 
Cette femme, classée cinq années d'affilée par le magazine Forbes dans les « femmes les plus puissantes du monde », aurait été directrice entre 2000 et 2009 de Mint Holdings Limited, une société offshore enregistrée aux îles Bahamas. L'existence de cette société n'aurait jamais été révélée aux autorités bruxelloises alors que madame Kroes avait dû remplir des déclarations d'intérêts… Quand on sait que le moindre attaché parlementaire est surveillé comme le lait sur le feu dès qu'il a une autre activité, souvent peu lucrative, cela prête à sourire.
 
Mieux, cette société devait servir à une opération financière de haute volée : le rachat de plus de six milliards de dollars d'actifs à la branche internationale énergie d' Enron (une entreprise qui fit scandaleusement faillite en 2001, la valeur de son action passant de 90 dollars à 0 en à peine quelques mois).

Le principal investisseur de ce projet n'était autre que Zayed Al Nahyane, ancien président des Émirats arabes unis.
 
Gros sous, pétrodollars, sociétés aux Bahamas… Quoi de plus normal dans la vertueuse Union européenne, garante d'une saine et religieuse « concurrence libre et non faussée ». L'oubli de Neelie Kroes  ? Une simple erreur administrative ! La réactivation de la société en 2005 pour des opérations dont nous ne connaissons pas encore la nature exacte alors que madame Kroes était en poste à la Commission ? Un malheureux oubli ! Le fait que madame Kroes ait démissionné de ses fonctions d'administratrice de Mint Holdings Limited deux mois après son départ de la commission à la concurrence ? Un pur hasard !
 
Mais ces gens-là sont toujours capables de donner des leçons aux peuples européens, accusés de tous les maux. L'Union européenne n'est pas qu'un désastre politique et économique. C'est aussi, et avant tout, une faillite morale. L'équipe Barroso, qui a sévi trop longtemps, en est la parfaite illustration : affairiste, truqueuse, soumise aux intérêts états-uniens, illusionnée par l'économie post-industrielle devenue notre cauchemar et acquise au multiculturalisme le plus vain. Neelie Kroes n'est pas qu'un exemple : elle est exemplaire.

Source : ‘Boulevard Voltaire'

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