Merkel muss weg!

Le 1er août 2016

Par Hildegard von Hessen am Rhein

J'ai regardé ce samedi sur Ruptly (télé russe), de 15 heures à 19 heures et plus, retransmise en direct et sans aucun commentaire, la manifestation anti- Merkel , anti-immigration et contre l'islam à Berlin.

Aucune « star » d'une quelconque corporation n'est intervenue. Pas d'intellectuel en vue. Uniquement quelques citoyens allemands de base en colère, dont une jeune femme blonde aux yeux bleus, 24 ans, prénommée Julia. Une beauté habillée comme chez nous, ce qui paraîtrait choquant aux yeux des bigots musulmans, contre la religion desquels ils manifestaient en particulier, victimes qu'ils sont désormais comme nous des attaques des soldats d'Allah.

Ils étaient des masses, venues de toute l'Allemagne et d'ailleurs. Au début, les autorités de Berlin signalaient quelques centaines de participants. Ils furent des dizaines de milliers. Non seulement de toute l'Allemagne, comme l'avaient annoncé les organisateurs, mais aussi de Hollande, de Pologne, de Hongrie, de Roumanie, de Suisse, d'Autriche, de Russie, dont les ressortissants brandissaient fièrement leurs drapeaux contre le diable que représente la chancelière soumise aux néocons de Washington. Lesquels étaient invités à quitter le pays par des pancartes représentant la carte de l'Allemagne recouverte de la bannière étoilée : « Ami go home » , « Nous sommes le peuple » , scandait la foule. Et, s'en prenant à la presse, ils lancèrent : «  Lügenpresse  » (presse menteuse) lors d'un arrêt devant l'immeuble imposant de l' ARD , la première chaîne allemande.

Le défilé dura quatre longues heures, pendant lesquelles furent arborés le drapeau de la résistance contre les nazis, ainsi que celui de l'empereur de Prusse sur lequel est inscrit : «  Gott mit uns » (Dieu avec nous), sans aucun incident. Quelques antifas agressifs se montrèrent en marge du défilé de cette imposante et tranquille marche. Ils furent très vite chassés par une police étrangement non équipée anti-émeutes , sans casques ni autres accoutrements Robocop comme chez nous. C'est dire la confiance que la police devait avoir dans les organisateurs !

Les résistants qui scandaient «  Merkel muss weg  » marchaient derrière une énorme banderole sur laquelle était inscrit leur mot d'ordre : «  Merkel muss weg  » , ce qui signifie «  Merkel démission ». Ils marchèrent ainsi, disciplinés, jusqu'au Reichstag, l'immeuble du gouvernement, au cas où Merkel n'entendrait pas bien l'exigence de son peuple. Et puis, last but not least , Viktor Orbán fut évoqué et la foule répéta son nom avec enthousiasme, comme s'il était désormais l'homme de la résistance numéro un à Merkel , dans une Europe en décomposition. Quelle responsabilité sur les épaules du chef de l'État hongrois ! Mais quel encouragement, aussi. «  Orbán , Orbán , Orbán  » , scandait la foule en fin de manifestation.

Une image m'émut particulièrement : les drapeaux allemand et russe attachés ensemble qui flottaient dans la brise d'été de Berlin. Et puis une pancarte qui représentait le ministre de l'Intérieur, Heiko Maas, en uniforme nazi, et dont la ressemblance avec Adolf Eichmann est troublante !

Le salut contre la conquête islamique nous viendra-t-il du peuple allemand, excédé de ses caciques ? Cela, je le prédisais déjà. Il semblerait que, désormais, Viktor Orbán soit investi, malgré lui, comme le sauveur de l'Europe. Tout cela pourrait-il se passer sous l'śil bienveillant de Moscou ? Je ne m'en plaindrais pas car il nous reste à mener à bonne fin l'idée de Gorbatchev : bâtir notre « maison commune ». Il se pourrait bien que l'élection de Trump puisse favoriser enfin ce projet, si son Amérique consent à ce que le monde devienne multipolaire. Ce n'est pas une certitude, mais un espoir qu'il fait naître par ses déclarations. Alors, wait and see  ! Et que la France ne soit plus absente de ces futures manifestations, dont la prochaine devrait se tenir à Cologne !

Source : ‘Boulevard Voltaire'

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