Marion Maréchal, la bien-pensance
et l'union des droites

Le 3 mai 2016

Par Thieulloy de Guillaume

Marion Maréchal-Le Pen a le don de mettre les pieds dans le plat, avec un charme juvénile qui exaspère les vieux crocodiles du marigot politiquement correct.

Sa campagne pour les élections régionales fut un modèle de campagne de droite (comme, d'ailleurs, celle de son rival local, Jacques Bompard ) : alors que, depuis des décennies, les élus de droite choisissent toujours de complaire aux médias de gauche plutôt qu'à leurs électeurs, elle assumait tranquillement que ses électeurs étaient plus fréquentables que les médias de gauche.

Et, plus elle assumait, plus elle montait dans les sondages ; plus aussi elle gagnait de sympathie parmi les électeurs de droite qui ne votaient pourtant pas pour elle. Elle administrait ainsi la preuve que l'union des droites était parfaitement possible, non pas par des combines d'appareils partisans, mais sur des valeurs et un « programme commun » comme on disait en 1981.

J'ai d'ailleurs entendu dire (mais, sauf erreur, la presse n'a pas relayé cette information et je ne sais donc pas si c'est une rumeur ou une réalité) que la benjamine de l'Assemblée avait proposé de soutenir des candidats non affiliés au FN, mais qui partageraient une partie du programme.

Que ce soit ou non une proposition de Marion Maréchal, il me semble que c'est le bon sens même : la logique partisane est une logique de secte et il faut en sortir si nous voulons sauver la France de l'impasse où l'idéologie soixante-huitarde l'a en­fermée .

Récemment, en tout cas, l'élue du Vaucluse a heurté de front la bien-pensance en déclarant qu'elle était « saoûlée » par les « valeurs de la république ». Aussitôt, cris d'orfraies généralisés, à l'intérieur comme à l'extérieur du FN. Le contexte était pourtant parfaitement clair : Marion Maréchal déclarait que la France n'avait pas commencé avec la Répu­blique – ce qui semble difficilement contestable ! et que cette dernière ne pouvait primer sur la première.

C'est l'évidence même. Tant que la république est un système politique capable de servir la France, elle est légitime ; si elle nuit à la France, il faut en changer. Le vieux royaliste que je suis ne pourra s'empêcher d'ajouter que la république n'a pas souvent servi la France, mais Marion Maréchal n'a pas été jusque-là…

Quant aux « valeurs de la Républi­que », personne ne sait ce qu'elles sont et, là aussi, la benjamine de l' As­semblée a bien raison de refuser de s'agenouiller devant des idoles aussi nébuleuses.

Devant la tempête médiatique, loin de s'excuser, elle a ajouté qu'elle était aussi « saoûlée » des médias malhonnêtes.

Comme tout le monde, j'ignore l'avenir et, en particulier, comment les élections de 2017 vont se présenter. Mais ce qui me semble certain, c'est que, pour la droite tout entière, qu'elle soit encartée à l'ex-UMP, au FN ou nulle part (ce dernier cas étant de loin le plus fréquent), les déclarations de Marion Maréchal-Le Pen sont un signe d'espoir.

Elles montrent qu'il n'est pas nécessaire de rendre hommage au politiquement correct pour progresser. Paradoxalement, d'ailleurs, les mé­dias sont extrêmement friands de cette élue qui ne leur offre pas l'allégeance requise. Quant aux réactions à ses déclarations, elles montrent que la base est prête à l'alliance programmatique. Cette alliance est extrêmement simple à préparer : fin du socialisme en tout domaine, c'est-à-dire fin du fiscalisme , fin de l'immigration de masse, fin de la culture de l'excuse et de la repentance… Sur ce programme, des élus et, plus encore, des électeurs FN, LR et non inscrits sont d'accord.

Qu'attend-on ?

Source : ‘Les 4 Vérités'

Notre site/Home page