La Loi Pleven de 1972 est une
monstruosité juridique: il faut l'abroger!


René Pleven

Publié le 9 avril 2012

Par Jacques Philarcheïn

Le remarquable article de Marcus Graven sur le livre de Philippe Nemo est déjà fort éclairant pour ceux qui veulent comprendre l'esprit – pervers – de la Loi Pleven, qu'on pourrait rebaptiser « Pompidou-Pleven » pour en rappeler l'époque (1972), ce qui permet de situer précisément les origines du politiquement correct en France. On peut également conseiller d'écouter la conférence de M. Nemo à l'Institut Turgot, qui servira d'introduction à la lecture de son livre remarquable : La régression intellectuelle de la France.

http://ripostelaique.com/la-regression-intellectuelle-de-la-france-de-philippe-nemo-en-finir-avec-la-judiciarisation-du-debat.html

http://blog.turgot.org/index.php?post/Vid%C3%A9o-Nemo2

http://livre.fnac.com/a3538147/Philippe-Nemo-La-regression-intellectuelle-de-la-France

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=DD78A2B8845F58695CCE3E7E712F4732.tpdjo02v_2?cidTexte=JORFTEXT000000864827&categorieLien=id

La Loi Pleven est un monstre juridique. Comme le montre inlassablement M. Nemo , un discours peut être parfaitement vrai, exact, vérifiable, scientifique, et tomber sur le coup de la loi, par le simple fait de critiquer une « catégorie », c'est-à-dire une communauté religieuse, ethnique, sexuelle, etc. La perversité de cette loi tient à son apparente grandeur d'âme : très hypocrite, elle ne demande pas du tout au juge de se substituer au savant, le juge peut même reconnaître en toute bonne fois qu'un auteur, un penseur, un intellectuel a tout à fait raison … et le condamner quand même ! L'affaire Vanneste, député condamné en première instance et en appel pour des propos homophobes ou supposés tels (avant néanmoins que les jugements soient annulés en cassation) est emblématique : le député n'avait en fait produit qu'une sorte de lapalissade d'inspiration néo-kantienne, à savoir qu'un comportement homosexuel généralisé à toute l'humanité ferait disparaître l'humanité par absence de reproduction. Les juges n'avait point contesté l'évidence du propos. C'est le caractère « incorrect » du propos (supposé blessant, choquant, etc.) qui, comme tel, fut condamné.

La Vérité a donc perdu, par la Loi n°72-546 du 1 juillet 1972, tous les droits juridiques dont elle bénéficiait autrefois dans les simples affaires de diffamation (vieille notion dont on savait se contenter dans le temps, loin des « provocation à la haine » et autres joyeusetés). Un fait jugé diffamatoire dont on apportait la preuve n'était plus diffamatoire du fait même de ses preuves ( exceptio veritatis ). Avec les modifications Pleven introduites au forceps dans la bonne vieille Loi de 1881 sur la liberté de la presse, c'est tout l'esprit, libéral au bon sens du terme, de la Troisième République, qui s'écroule au profit d'une inversion des valeurs typique des régimes post-soixante-huitards. La vérité ne protège plus ; pire même, elle peut facilement devenir un délit. Et, en corollaire : un mensonge sociologique généralisé, du style « immigration = chance pour la France » ou encore « islam = religion de paix, d'amour et de tolérance », du fait même qu'il va dans le sens des intérêts immédiats de telle ou telle catégorie ou communauté, ne s'expose à rien du tout en droit pénal.

La Loi Pleven, c'est typiquement le texte gaucho-fasciste (voté par un gouvernement de droite calamiteux, le même qui livra la France aux oligarchies bancaires privées) qui favorise la prolifération des sophistes et des crétins en annihilant la pensée vraie, la réflexion libre, le scrupule scientifique. C'est l'Athènes corrompue d'après la Guerre du Péloponnèse, lorsqu'en 399 av. JC un tribunal de démagogues et de sans-cervelles finit par condamner à mort le dissident Socrate. C'est aussi l'Inquisition italienne de 1633, qui force Galilée au reniement.

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000006070722&dateTexte=vig

Cette loi scélérate a permis de condamner des Pierre Cassen et des Pascal Hilout. Elle peut aussi permettre de condamner des Renaud Camus et des Philarcheïn. Cela ne signifie pas bien entendu qu'il ne faille pas produire des experts lors des procès. Produire des « experts de vérité » (c'est comme cela que je les appelle) est une bonne chose : la pensée vraie agit ainsi sur le public, et permet de démontrer et de démonter la vilénie des accusateurs, dont le seul fond de commerce est le mensonge sociologique, historique, théologique, etc. c'est-à-dire le révisionnisme généralisé, soviétoïde , du politiquement correct. Mais la vérité n'empêche aucunement la condamnation. Elle n'agit que sur le public (éclairé), et non sur l'application de la loi, tout au plus atténue-t-elle cette application. L'expert lui-même, le plus érudit, peut à son tour être condamné simplement pour avoir proféré l'incorrecte vérité.

La loi Pompidou-Pleven est d'essence totalitaire – irrémédiablement. Il faut savoir que la Loi sur la presse, ou plutôt les déformations Pleven de la Loi sur la presse, a pu permettre de traduire des historiens de l'esclavage, scientifiquement irréprochables, devant les mêmes tribunaux de la pensée que ceux qui condamnèrent des Pierre et des Pascal, des Brigitte Bardot ou des Eric Zemmour.

C'est bel et bien le retour, dès les Trente Glorieuses, à une forme d'Inquisition : à la limite, nul n'a jamais reproché à Galilée d'avoir produit une fausse science, on lui reprochait simplement d'avoir produit une science qui, vraie ou fausse, était impie.

Toutefois, le caractère scélérat et totalitaire de la Loi Pleven n'exonère en rien les juges, les magistrats, de leur responsabilité morale et politique personnelle dans la montée de la tyrannie du politiquement correct. Certes, la Loi Pleven donne le droit de condamner n'importe qui, quelle que soit la vérité, l'exactitude scientifique du propos, sous le simple prétexte que le propos pourrait représenter une nuisance (même très indéterminée) pour une catégorie sociale ou une communauté (et sans même que la preuve de cette nuisance soit à faire). Elle autorise par ailleurs des associations a représenter arbitrairement ces communautés, à évaluer tout aussi arbitrairement les nuisances supposées, et à demander, pour elles-mêmes, non pour ces communautés, des dommages et intérêts exorbitants. Cela dit, même si la loi est scélérate, elle ne suppose pas tout de même que le juge soit contraint de condamner à tous les coups. En tant que loi d'effet pénal, elle laisse par essence au juge une certaine liberté d'appréciation.

Malgré la scélératesse de la loi, le juge peut toujours bricoler une argumentation destinée à relaxer le prévenu. Cela marche à tous les coups pour des « chanteurs » de rap ou encore pour des Houria Bouteldja . Le racisme anti-blanc est évident, et pourtant aucune condamnation ne tombe. Le juge regorge d'imagination en la matière, tous les prétextes sont bons… pour ne pas condamner ! On estime que le rappeur est exonéré par la qualité « artistique » de son « œuvre » (les lettrés ou mélomanes apprécieront) ou encore par la haute teneur sociale de ses propos, parfois considérés comme des « appels à l'aide »… On estime qu' Houria Bouteldja n'a jamais voulu dire que «  souchien  » signifiait « sous-chien », comme si l'appel à rééduquer des Français de souche, en les présentant comme des débiles racistes profonds, n'était pas déjà en soi une injure ou une diffamation raciale… Bref : quand la magistrature souhaite bricoler des attendus propres à relaxer ce genre d'individus, elle sait faire, y compris d'ailleurs, last but not least , en invoquant la liberté d'expression !!!

Curieusement, cette mécanique enchanteresse cesse abruptement de fonctionner pour des Pierre Cassen ou des Pascal Hilout , dont les propos sont, sur la forme comme sur le fond, aux antipodes de toutes ces éructations ethno-communautaires ultra-violentes. On connaît la combine : deux poids deux mesures, toujours et encore deux poids deux mesures, et jusqu'à la nausée, jusqu'au dégoût de vivre heureux dans son pays, jusqu'au dégoût de militer et de combattre (ce qui est le but).

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20120125.FAP0002/toulouse-houria-bouteldja-relaxee-des-poursuites-d-injure-raciale.html

http://www.labanlieuesexprime.org/article.php3?id_article=187

http://www.rue89.com/2010/06/25/la-rumeur-relaxe-une-gifle-monumentale-pour-sarkoland-156458

Application zélée de la Loi Pleven pour les uns, inapplication zélée pour les autres. Et il en est de même pour l'ensemble du Droit commun, des René Galinier ou des Marie-neige Sardin en savent quelque chose, dont les agresseurs sont bien tranquilles… au nom du même sacro-saint Droit qui autorisa leur opprobre. Bref, le juge est responsable. C'est d'ailleurs un point de désaccord que j'ai avec Philippe Nemo , lequel estime qu'il faut surtout incriminer la loi plutôt que d'incriminer le juge, en matière de restrictions à la liberté d'expression. J'ai tendance à penser qu'il faut incriminer les deux, et la loi et le juge. Pour la scélératesse, on aura bien garde de distinguer, en philosophie du droit, la scélératesse intrinsèque de la loi, la scélératesse extrinsèque de l'application scélérate d'une loi non-scélérate, et la scélératesse absolue de l'application scélérate d'une loi elle-même scélérate. Le bon juge est celui qui utilise les lois non-scélérates pour incriminer de vrais racailles et non des victimes, et qui, lorsqu'il se trouve face à une loi scélérate, emploie toute son industrie à l'appliquer avec la plus grande économie possible.

Source : ‘Riposte laïque'

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