Le Kosovo rejeté par l'UNESCO:
une victoire du peuple serbe.


Le drapeau du Kosovo.

Le 13 novembre 2015

Par Nikola Mirkovic

Les États membres de l'Organisation des Nations Unies pour l'Éducation, la Science et la Culture (UNESCO) ont voté pour ne pas intégrer le Kosovo indépendant en leur sein. Cette victoire du peuple serbe est une étape importante dans son combat pour défendre sa souveraineté et permet de tirer plusieurs enseignements majeurs.

Cette victoire démontre que la persévérance et l'acharnement de la petite Serbie (7 millions d'habitants) à défendre son droit lui donne raison et justifie son combat. Malgré les bombardements illégaux de 1999 et l'occupation de son territoire par l'OTAN, malgré la pression des USA et de l'UE, la Serbie résiste et poursuit sa lutte pour défendre son peuple, sa foi et sa terre.

Le vote de l'UNESCO est un résultat cohérent qui permet de rappeler par ailleurs que les Nations Unies ne reconnaissent absolument pas le Kosovo comme un État indépendant mais bel et bien comme une province serbe. Il souligne aussi l'intelligence et la moralité de la majorité de ses membres qui ne peuvent accepter de donner les églises serbes à ceux qui ne cessent de les attaquer.

Ce vote confirme également la montée en puissance des BRICS (Brésil, Russie, Chine, Inde et Afrique du Sud) qui ont toujours soutenu la position serbe et autour desquels s'agrègent de plus en plus de pays qui ont à cœur le respect de la souveraineté nationale et la condamnation du « nation-building » américain. Ont voté, avec les BRICs contre le Kosovo, des pays indépendants comme le Venezuela, le Sri Lanka ou le Liban mais aussi des pays chrétiens européens proches des Serbes comme l'Arménie ou Chypre et des pays musulmans comme l'Indonésie ou la Palestine.

Derrière le vote pro-Kosovo, en revanche, on retrouve des États qui cultivent l'islamisme radical comme l'Afghanistan, l'Arabie Saoudite, le Qatar ou le Pakistan aux côtés de nombreux pays aux racines chrétiennes comme la France, l'Allemagne ou les pays baltes. C'est le camp atlantiste, celui des pays qui prennent leurs ordres directement à Washington. Ce bloc contradictoire commence à se fissurer et on voit que des pays membres de l'UE et de l'OTAN, comme la Grèce et la Pologne, se sont abstenus et que la Slovaquie et l'Espagne ont carrément voté contre. Il faut également souligner que de nombreux pays musulmans se sont abstenus ou ne se sont pas prononcés en faveur du Kosovo (pourtant majoritairement musulman) comme l'Égypte, la Tunisie ou l'Irak. Cela démontre que la fracture au sein des instances internationales n'est pas entre pays chrétiens et musulmans mais entre atlantistes et non-atlantistes.

Washington va prendre sa revanche pour défendre l'État qu'il a inventé. La quasi totalité des pays entourant la Serbie est sous la coupe de la Maison blanche et a voté pour le Kosovo ce qui laisse présager des relations de voisinage compliquées à l'avenir dans les Balkans. L'UE de son côté met une pression phénoménale sur la Serbie pour qu'elle lâche le Kosovo alors que la Russie continue de faire les yeux doux au petit frère orthodoxe des Balkans.

Belgrade doit profiter de cette victoire pour continuer de se rapprocher de Moscou sans pour autant abandonner ses liens avec l'ouest européen. Vu les succès que Poutine enchaîne sur l'échiquier international et le soutien sans failles qu'il apporte au Kosovo serbe, Belgrade a tout intérêt à ne pas lui lâcher la main. Avec ses amis BRICs à l'UNESCO, c'est son meilleur atout pour garder le Kosovo.

 

Kosovo : chefs-d'œuvre en péril.

Le 12 novembre 2015

Par Maurice PERGNIER

Professeur d'université, écrivain

Le 9 novembre, la conférence générale de l'Unesco a repoussé, à une très faible majorité, la demande d'adhésion du Kosovo. On ne peut que s'en réjouir. L'admission comme membre de l'Unesco de cette province de la Serbie, érigée en un simulacre d'État à l'issue d'un processus de sécession violente contrevenant aux règles du droit international (et qui n'est, en conséquence, reconnu que par une partie des pays membres de l'ONU) ouvrirait en effet la porte à un véritable désastre culturel et civilisationnel .

Le Kosovo abrite l'un des trésors du patrimoine mondial ; tout esprit non prévenu pourrait donc penser que l'adhésion à l'Unesco est de nature à assurer une meilleure sauvegarde de ce trésor. En l'occurrence, c'est le contraire qui serait avéré : admettre le Kosovo comme membre de l'Unesco équivaudrait à remettre au loup la clé de la bergerie.

La raison en est que ce patrimoine est serbe et chrétien. Il est constitué d'un nombre considérable d'églises et chapelles médiévales (on en a répertorié 1300 au total) dont certaines d'une qualité architecturale exceptionnelle, ornées de fresques d'une valeur inestimable. Or, la population albanaise (de tradition musulmane), historiquement minoritaire mais devenue prépondérante à la faveur des développements politiques de la seconde moitié du 20è siècle, n'a eu de cesse de détruire ce patrimoine. Pillages, vandalisme, incendies, attentats violents contre les monuments, ont accompagné (et accompagnent toujours) les persécutions contre les personnes, et particulièrement contre les communautés religieuses ayant la charge de leur conservation, afin de les pousser à l'exil. Plusieurs dizaines de ces chefs-d'œuvre ont été irrémédiablement détruits ; les autres ne doivent d'avoir été préservés qu'à l'interposition des bonnes volontés civiles et militaires internationales. Ce n'est un secret pour personne que le parti politique qui gouverne actuellement le Kosovo a été le principal incitateur à cette volonté d'élimination radicale de la population serbe et du trésor culturel que l'histoire lui a légué.

L'admission du Kosovo comme membre de l'Unesco pourrait être une chance si cela consistait en ce que l'Unesco prenne directement en main la protection de ce trésor. Malheureusement, selon les statuts de l'Unesco, l'adhésion implique, à l'inverse, la remise de la responsabilité du patrimoine entre les mains du pays adhérent. En l'occurrence, cela consisterait à remettre la sauvegarde de ce trésor patrimonial entre les mains d'un gouvernement ethniciste qui n'a jamais fait montre que de son désir de le faire disparaître. C'est un peu comme si on confiait à l'État Islamique la sauvegarde des ruines de Palmyre…

Notre presse frivole présente l'échec de cette demande d'adhésion comme une victoire de la Serbie et de Poutine. Elle serait plus avisée d'y voir une victoire de la civilisation sur la barbarie. Victoire de courte durée sans doute, car il est peu douteux que les promoteurs de l'initiative (parmi lesquels on compte en première ligne – il n'est peut-être pas anodin de le remarquer – l'Albanie et la Turquie) reviendront à la charge en ayant affiné leur lobbying. Comment la France (mère des arts, des lettres et des lois) a-t-elle voté dans ce choix crucial ? Peut-être vaut-il mieux se voiler la face que de chercher à le savoir.

Source : 'Boulevard Voltaire'

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