Le despotisme, c'est maintenant.

Rien n'est plus facile, pour M. Hollande, de supprimer les sites qui risquent d'importuner sa candidature, sous couvert de l'état d'urgence.

Par Floris de Bonneville

Journaliste

Ancien directeur des rédactions de l'Agence Gamma

Le 28 février 2016

Le despotisme, c'est maintenant, et plus le règne de François Hollande avance, plus il s'affiche, avec une Assemblée nationale aux ordres et un Conseil constitutionnel bientôt tout acquis à la cause du chef de l'État. Avec Jean-Louis Debré, ce n'était déjà pas la panacée, mais désormais avec le président Fabius, cela présage de bien mauvais lendemains pour nos libertés. Liberté de mouvement, liberté de pensée, liberté individuelle. Et ça commence très fort car si Mme Taubira nous a fait défaut, les magistrats sont toujours en place et condamnent à tour de bras ceux qui ne sont pas dans le moule de la RSF, la République socialiste française.

Les exemples commencent à se multiplier. C'est Calais, où le gouvernement laisse faire n'importe quoi dès lors que cela vient des migrants ou des No Border et autres antifas, mais arrête et condamne sévèrement ceux qui manifestent contre la présence des migrants. Si nous ignorons encore à quelle sauce le général Piquemal sera mangé le 12 mai, les quatre jeunes gens qui avaient été arrêtés non loin du rassemblement avec « une arme de poing » ont écopé d'amende, et même de 2 mois de prison ferme pour l'un d'entre eux.

C'est Poitiers, où cette grand-mère de 72 ans s'est fait arrêter et menotter avec une extrême violence par dix hommes de la police nationale alors qu'elle protestait contre l'abattage d'une rangée de platanes. C'est encore, cette semaine, ce petit patron condamné à débourser 1.100 euros pour avoir interpellé de sa seule voix Manuel Valls, sur le quai de La Rochelle, lors de la dernière université d'été du PS. Il s'était fait plaquer au sol et embarquer avec violence par le service d'ordre.

Mais le despotisme sous Hollande, c'est surtout les violations à notre liberté de penser, sans recours judiciaire possible. Et les… euh, « sages » du Conseil constitutionnel viennent d'entériner la vision de l'état d'urgence qu'ont ce cher démocrate de Manuel Valls et son bien-aimé chef. Sont désormais validées les perquisitions et les interdictions de réunion. Les assignations à résidence l'avaient été sous Jean-Louis Debré. L'absence d'un juge judiciaire permettra ainsi à la police politique de se rendre chez n'importe quel citoyen pour vider ses tiroirs, fouiller dans ses archives, farfouiller dans ses ordinateurs, etc. Seul bémol pour M. Valls : ses policiers ne pourront pas copier ses données informatiques. Mais ils pourront, par contre, censurer un site, comme ce fut le cas pour le site  Islam et vérité de l'abbé Guy Pagès, comme vous l'a raconté Benjamin Leduc, le 19 février sur Boulevard Voltaire.

Et rien n'est plus facile, pour M. Hollande, de supprimer les sites qui risquent d'importuner sa candidature aux présidentielles, sous couvert de l'état d'urgence. L'exemple de l'abbé Guy Pagès, qui n'a rien à voir évidemment avec une menace islamiste quelconque, en est la preuve.

« Le juge administratif est chargé de s'assurer que cette mesure [la perquisition, ndla], qui doit être motivée, est adaptée et proportionnée à la finalité qu'elle poursuit » ont rappelé les « sages » du Conseil constitutionnel. Ben voyons, nous allons croire que cette mise en garde sera appliquée alors que cet état d'urgence, entériné par les députés pratiquement à l'unanimité, peut tout permettre à celui qui le dirige, comme dans n'importe quelle dictature.

À méditer, cette réflexion d'Atatürk :  « La souveraineté ne devrait pas être bâtie sur la peur. La souveraineté qui repose sur les canons ne peut se maintenir. Une telle souveraineté, ou dictature, ne peut être qu'un expédient provisoire à une époque de bouleversement. »

Source: 'Boulevard Voltaire'

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