Couvre-feu pour les femmes à Görlitz

Dans un pays qui est le moteur de l'Europe, le sexe dit faible se voit recommander de ne pas se promener la nuit dans le centre d'une ville.

Par Gregory Vanden Bruel

Parlementaire belge

Le 16 juin 2016

Tout au bout de l'Allemagne, non loin des frontières avec la Pologne et la Tchéquie, Görlitz semblait couler des jours aussi paisibles que le cours de la Neisse, rivière qui traverse cette coquette ville de Saxe qui, avec ses 3.500 (!) monuments de plus de 500 ans, est souvent citée comme la plus belle ville du pays.

Depuis peu, les 58.000 habitants de la cité assistent à un déferlement de violences commises par ce que l'on appelle, dans le jargon pudique, des « jeunes hommes » particulièrement agressifs réglant leurs différends à coups de couteau et de barre de fer. Et l'on ne parle pas ici de hooligans mais d'Allemands, de Polonais et de… Syriens, probablement ceux à qui l'Allemagne avait ouvert les bras.

Par-delà les considérations d'usage sur la fermeté à adopter, le maire de Görlitz, Siegfried Deinege (indépendant), a enjoint les femmes à ne pas fréquenter, le soir, la rue de Berlin, la Wilhelmsplatz et la Marienplatz . En tout cas, si elles ne sont pas accompagnées.

Dans un pays qui est le moteur de l'Europe, c'est-à-dire l'Allemagne d'Angela Merkel , le sexe dit faible se voit donc recommander de ne pas se promener la nuit dans le centre d'une ville. En d'autres termes, dans nos sociétés plongées dans des réalités anxiogènes, le droit des femmes aura reculé en raison de l'incapacité, une nouvelle fois prouvée, des responsables en place à faire face aux conséquences de la société qu'ils ont créée.

« Nous allons faire en sorte que la société civile reprenne possession de ces places » , a tenté de rassurer le maire de la ville. L'hésitation qui point dans ses propos est loin de rassurer.

Si l'on n'y prend garde, demain, partout en Europe, combien de rues, de places, d'artères tomberont-elles encore dans les mains de sauvageons, de bandes organisées et de trafiquants en tous genres ? Partout, dans les grandes villes, certaines zones sont déjà dites de non-droit car la loi du pays est remplacée par celle des caïds. Bientôt, ce seront les centres des agglomérations qui seront touchés.

Nous attendons aujourd'hui un autre discours, de la part des maires et bourgmestres des villes et des communes, que celui invitant les femmes à ne pas se promener la nuit. Nous attendons de l'action, une prise en main sans concession des problèmes et une fermeté non feinte afin que les cités réappartiennent à tout individu aspirant simplement à y déambuler en toute quiétude.

Source : ‘Boulevard Voltaire'

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