La Vie Privée de Franck Berton
Voyage au bout de la nuit lilloise
Chapitre 4

"Je ne veux pas répondre à cette question. Je veux voir le procureur de la république.
Je trouve cela hallucinant et totalement faux. C'est incroyable."

« Je me nomme BERTON Franck. Vous me confirmez le motif de mon placement en garde à vue ce jour à savoir que deux plaintes ont été déposées contre moi ce matin par deux péripatéticiennes pour des vols commis avec violences et arme blanche, les faits ayant eu lieu au cours du dernier mois de cette année. Sachant que je puis garder le silence, je veux faire valoir ce droit et je ne veux pas répondre à vos questions. Je souhaiterais voir monsieur le procureur de la république.

•  Pourquoi avez-vous refusé de souffler dans l'éthylomètre pour vérifier votre taux d'alcoolémie, sachant qu'actuellement votre haleine sent fortement l'alcool ?

•  Je ne désire pas répondre à votre question.

•  Deux personnes ont donc déposé plainte contre vous. Voulez-vous vous expliquer au sujet de ces faits ?

•  Je ne désire pas répondre. Je ne m'expliquerai pas au commissariat. Je veux voir le procureur de la république.

•  L'une des deux victimes a déclaré que vous l'aviez invitée à monter dans votre voiture après lui avoir demandé les tarifs. Ensuite, vous lui auriez pris son argent, soit la somme de six cents francs après lui avoir porté des coups. Voulez-vous répondre à ces allégations ?

•  Je ne veux pas répondre à cette question. Je veux voir le procureur de la république. Je trouve cela hallucinant et totalement faux. C'est incroyable.

•  Une autre victime prétend qu'il y a environ deux mois, après lui avoir demandé ses tarifs, vous l'aviez prise dans votre voiture. Vous vous êtes retrouvés du côté de la rue Willy Brandt à Lille alors que ce n'était pas la direction qu'elle vous avait montrée. Elle avait cherché à quitter votre voiture mais vous l'aviez empêchée. Vous l'auriez ensuite menacée à l'aide d'un couteau et vous lui auriez pris tous ses vêtements, son sac à main et ses biens.

•  Ce n'est pas sérieux.

•  Acceptez-vous de souffler maintenant dans l'éthylomètre ?

•  J'accepte maintenant de souffler dans l'appareil. Si j'ai refusé le dépistage, c'est que vos collègues m'avaient indiqué m'arrêter pour des faits d'agressions sur des prostituées.

•  Disons mettre un terme à notre audition ce jour à 08h40 après dépistage dont les valeurs relevées ont été deux fois 0,37.

•  Acceptez-vous à ce qu'une perquisition soit effectuée dans votre véhicule automobile et consentez-vous à nous signer une autorisation ?

•  J'accepte à ce que vous fassiez une perquisition dans mon véhicule et même dans mon domicile. Vos collègues ont regardé dans mon véhicule sans monter dedans. Ils n'ont pas ouvert le coffre. Je n'ai plus rien à ajouter. »

Poursuivant l'enquête, disons procéder à un tapissage en vue de présenter le mis en cause aux victimes et cela à travers une vitre sans tain. Prenons cinq personnes dans les geôles du service et qui se trouvent en position de garde à vue et leur demandons de choisir un numéro de un à cinq. Constatons que BERTON Franck prend le numéro 5. A travers la vitre sans tain, présentons les personnes aux deux victimes.

Constatons que la première victime nous déclare :

« Parmi les personnes que vous me présentez je reconnais formellement celui qui porte le numéro 5 comme étant celui qui m'a agressée. Je suis formelle en ce qui le concerne. Vous me dites qu'il se nomme BERTON Franck. Je dépose plainte contre ce monsieur pour le vol de 600 francs qu'il a commis après m'avoir porté des coups de poing et des gifles. »

Constatons que la deuxième victime nous déclare :

« Parmi les personnes que vous me présentez je reconnais formellement celui qui porte le numéro 5 comme étant celui qui m'a agressée. J'en suis formelle. Il m'avait pris de l'argent, soit environ 1 500 francs, mon sac à main, une veste en jean, des bottes en cuir noir et mon sac à main avec tous les papiers soit passeport et autres documents. Lorsqu'il était descendu de voiture, il avait voulu me prendre mon argent. Comme je n'avais pas voulu me laisser faire, il a sorti un grand couteau et il avait menacé de me couper la tête. Quand il a ouvert la porte de mon côté et il s'était approché de moi, j'ai saisi le couteau dans mes mains pour me défendre. C'est comme ça que je me suis coupé les mains. Vous me dites qu'il se nomme BERTON Franck. Je dépose plainte contre lui pour le vol avec violences et arme qu'il a commis sur moi. »

Le 16 décembre 2001 à 11h55, poursuivant l'enquête, agissant en préliminaire, faisons comparaître devant nous Mr. BERTON Franck, lequel nous déclare:

- Vous me demandez si j'accepte d'être confronté aux deux personnes qui me mettent en cause dans cette affaire. Je refuse catégoriquement d'être confronté à ces personnes. Je n'ai plus rien à ajouter.  

Le 16 décembre 2001 à Lille (59).

(A suivre...)

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