Ciotti promet de tenir à l'écart le FN de son conseil départemental, mais par quels moyens inavouables?

Le 18 mars 2017

Par Jonathan Sturel

Éric Ciotti, député et président du conseil général des Alpes-Maritimes, soutien de François Fillon et médiatisé à ce titre. Éric Ciotti, que l'on prend généralement pour un dur, un vrai de vrai — la fameuse « aile droite » du parti, suivant la terminologie en vigueur —, et qui doit cette réputation usurpée à quelques déclarations éparses qui ne l'ont virilisé qu'en ceci que les déclarations de ses confrères sont d'une tiédeur abominable. Éric Ciotti, donc, imperturbable répétiteur public des fiches de son parti, était l'invité de Jean-Jacques Bourdin, ce mercredi 15 mars 2017.

L'occasion, pour lui, d'y effectuer sa besogne litanique habituelle, sans intérêt ni politique ni intellectuel, mais ponctuée d'une déclaration finale assez stupéfiante concernant le Front national. Il a, en effet, rappelé (que dis-je), il s'est, en effet, enorgueilli d'être le président du seul conseil départemental du sud de la France à ne compter aucun élu du parti de Marine Le Pen sur ses bancs.

Étonnante source de fierté que celle qui consiste à se féliciter, dans un pays où le parti en question approche les 30 % d'intentions de vote, d'être à la tête d'une des assemblées les moins représentatives du pays, c'est-à-dire les moins démocratiques. C'est d'autant plus gênant, moralement, que le monsieur, quelques minutes plus tôt, redisait son soutien à un candidat mis en examen pour détournement de fonds publics, complicité et recel de fonds publics et complicité et recel d'abus de biens sociaux.

Sans doute emporté par une sorte de zèle lui-même augmenté par l'effet qu'il venait de produire chez son interlocuteur, ou du moins par l'effet qu'il espérait avoir produit, Éric Ciotti poursuit et affirme, en prenant la docte posture qui s'impose lorsqu'on croit faire une déclaration impérieuse, qu'il « veillera toujours à ce qu'il n'y ait pas d'élus Front national » dans son conseil départemental.

Je suis en même temps stupéfait qu'il se trouve encore, en 2017, un notable de l'UMP-LR pour tremper, dans le sang d'un adversaire qu'il n'a jamais vaincu, la plume avec laquelle il rédige lui-même et se décerne un brevet de vertu à usage médiatique. Et dubitatif devant cet engagement à veiller que l'adversaire en question reste toujours prisonnier entre le sol et la semelle de sa bottine. Lorsqu'on mesure l'étendue de la pensée politique du monsieur, son charisme et sa prestance, ou son bilan depuis qu'il hante les couloirs du cirque médiatico -politique, le tout ajouté à ses difficultés oratoires, en un mot lorsqu'on mesure sa nullité – nullité à l'état pur, stade terminal et, donc, flamboyant du politicard d'appareil mort-vivant qui continue d'exister seulement parce qu'on a oublié qu'il était là tant il est transparent -, on se demande bien par quels moyens il compte parvenir à son rêve d'épuration. A priori ce n'est pas demain qu'il lèvera les foules, encore moins qu'il les convaincra de quoi que ce soit. Alors, comment ? Par quels moyens inavouables ?

Source : ‘Boulevard Voltaire'

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