Affaires Fillon: qui est Eliane Houlette, cette procureur sans pitié pour les cols blancs?

Le 7 février 2017


Eliane Houlette est procureur du parquet national financier depuis
sa création en 2014, après l'affaire Cahuzac.

Et si Éliane Houlette,la procureur du parquet national financier (PNF), tenait entre ses mains le sort de la prochaine élection présidentielle ? A 64 ans, cette magistrate, mère de deux grands enfants, quasi inconnue du grand public, gère en direct l'affaire François Fillon. Quelle que soit la décision qu'elle prendra, celle-ci sera commentée et sans aucun doute critiquée.

La magistrate le sait, mais s'en moque, convaincue « de faire [son] travail, et seulement [son] travail », comme elle a l'habitude de le répéter à ses interlocuteurs qui défilent dans son grand bureau d'angle donnant sur la rue des Italiens, dans les anciens locaux du « Monde ». Au mur, elle a d'ailleurs affiché une vieille une du quotidien du soir. « Elle a l'air frêle, mais c'est une femme forte. Vous ne négociez pas. Quand elle s'est fait un avis sur une procédure, vous ne lui en faites pas changer », commente un avocat, habitué du PNF.

Ce fut le cas pour l'emblématique affaire Cahuzac. Face à cette délinquance en col blanc qui « enrichit les uns, appauvrit les populations, creuse les inégalités, nourrit les frustrations, le ressentiment et la crispation [...], aucune tolérance ne peut plus être admise ». Le 14 septembre 2016, la chef du PNF requiert d'une voix douce trois ans de prison ferme contre Jérôme Cahuzac, ex-ministre du Budget. Quelques mois plus tard, le tribunal suit ses réquisitions. La première victoire du PNF, créé en 2014. Justement après le scandale Cahuzac.

Juge des enfants puis spécialiste des affaires économiques et financières, elle fut la première à endosser les habits de procureur national financier. Son nom avait été suggéré par la garde des Sceaux, Christiane Taubira, sans pour autant que la magistrate soit étiquetée politiquement, ni affiliée à un syndicat.

Eliane Houlette est aujourd'hui à la tête d'une task force de 14 magistrats, traitant plus de 400 affaires, dont les plus sensibles du quinquennat de François Hollande : Wendel, Wildenstein, Guéant, Dassault... et désormais Fillon. « C'est une grosse bosseuse, qui se croit porteuse d'une mission », observe, laconique, un juge d'instruction. A peine installée, le 1 er  février 2014, elle ouvrait une information judiciaire pour violation du secret de l'instruction et trafic d'influence, qui a débouché sur les mises en examen de Nicolas Sarkozy. Pas de quoi démentir le dicton qui veut que les affaires touchant un camp politique prospèrent plus rapidement quand son adversaire est au pouvoir, et vice versa...

Source: 'Le Parisien'

Notre site/Home page