Une victime de David Hamilton parle:
"Il m'a violée, j'avais 13 ans".

 

Tout a commencé au camp naturiste de Cap d'Agde où j'allais en vacances avec mes parents.

Une jeune fille nous a abordés, mes parents et moi-même, déclarant que David Hamilton m'ayant repérée voudrait faire des photos avec moi.

A cette époque cet artiste s'était forgé une réputation de bon photographe, sa renommée était internationale.

Tout le monde connaissait ses « flous artistiques » d'adolescentes dénudées, ses « jeunes filles en fleurs ». Rien de choquant dans un camp de naturistes. Aussi mes parents m'ont-ils encouragée à faire un essai, l'occasion de vivre une aventure insolite à mon âge !

Un rendez-vous a été pris dans sa studette du Cap d'Agde où il fit signer un petit document sur papier bristol à mes parents. Je ne me souviens pas du contenu.

Il ne payait pas ses mannequins pécuniairement mais leur donnait une photo Polaroïd en fin de séance, ce qui devait être considéré comme l'honneur suprême, un peu comme Picasso qui signait les nappes des restaurateurs chez qui il mangeait en échange du repas servi.  

David Hamilton promettait à ses jeunes modèles de les propulser dans une belle carrière, il s'engageait à leur faire faire le tour du monde «  si ça se passait bien  ».

Les mannequins arrivaient nues chez lui, ce qui était d'usage dans le camp naturiste.

Lors de la première séance, il m'a ouvert la porte, dévêtu, l'appareil photo en bandoulière autour du cou. Les photos qu'il a prises étaient soft : j'étais habillée d'un grand et magnifique tutu...

Je suis revenue pour d'autres prises les jours suivants.

Il m'a emmenée dans la chambre après quelques photos.

Là, il m'a dit qu'il allait me faire quelque chose qu'il faisait à tous ses mannequins, et qu'elles aimaient ça. J'étais mal à l'aise, j'étais incapable de réagir, incapable de m'opposer avec fermeté.

http://www.memoiretraumatique.org/psychotraumatismes/origine-et-mecanismes.html

Il a rajouté : «  Tu me diras ce que ça te fait  »... Mais quand il a fini et qu'il m'a demandé ce que ça m'avait fait je lui ai répondu, laconique : «  Rien, ça m'a rien fait  »... Le dégoût m'avait envahie. Il venait de me violer, j'avais 13 ans...

Je me souviens d'une autre fille, qui devait avoir 15 ou 16 ans tout au plus qui obéissait à tous ses ordres, à tous ses désirs. Il lui en faisait autant, elle ne réagissait pas d'avantage.

Il s'est passé un autre événement un peu plus tard. Après cela, je me suis cachée afin qu'il ne me retrouve pas. Je l'ai fui, espérant ne plus jamais le croiser.

Mes parents déconcertés par mon attitude ont fini par comprendre la raison de ma dérobée en feuilletant mon journal intime. La consternation les a saisis. Ils se sont sentis démunis, impuissants face à la notoriété du photographe, du violeur.

J'ai capitulé et essayé de tourner la page.

Quelques années plus tard, j'ai cru reconnaître Hamilton dans les rues d'une grande ville. J'ai foncé dans sa direction pour hurler sur lui toute la haine et l'amertume qu'il avait créées en moi. Arrivée à la hauteur de l'individu, j'ai réalisé que je m'étais trompée, ce n'était pas lui.

Cet homme m'a infligée une blessure profonde qui malgré le temps a du mal à cicatriser.

L'opprobre est pour cet homme !

Qu'est-ce qui empêche une victime de porter plainte dans les délais prévus par le Code Pénal ? Les raisons sont nombreuses.

Mais est-il juste qu'une victime vive avec un sentiment d'injustice aggravant la plaie que le viol a laissée ?

Flavie Flament, victime elle aussi d'un photographe ( http://www.leparisien.fr/culture-loisirs/violee-a-13-ans-flavie-flament-ne-veut-plusse-taire-19-10-2016-6225828.php ) dont le témoignage rappelle étrangement celui du témoin ci-dessus...

Le choc traumatique a été si violent que Flavie s'est inconsciemment plongée dans une amnésie dont elle est ressortie très tard, trop tard pour porter plainte contre son violeur qui bénéficie de la prescription de son crime.

http://www.memoiretraumatique.org/psychotraumatismes/troubles-cognitifs.html

Se pose de nouveau le problème de l'imprescriptibilité des crimes sexuels sur enfants : il devient de salubrité publique que cette loi soit adoptée en France !

Nota Bene : l'image en haut de page n'est pas celle de la victime auteur de ce billet; il s'agit d'une soi-disante 'oeuvre' du pédophile Hamilton intitulée 'L'âge de l'innocence'. Le cynisme de ces monstres ne connaît pas de bornes.

Source: article censuré par Mediapart

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