David Hamilton, un artiste
poussé au suicide ?

Le 29 novembre 2016

Par Nicolas Kirkitadze

Le vieil artiste n'avait pas la pêche, ces derniers temps, depuis la révélation de supposés viols qu'il aurait commis dans les années 1980.

Le photographe britannique David Hamilton a été retrouvé mort à son domicile parisien. L'hypothèse du suicide semble se confirmer, au vu du nombre important de médicaments trouvés à proximité du corps. Et le vieil artiste n'avait pas vraiment la pêche, ces derniers temps, depuis la révélation de supposés viols qu'il aurait commis dans les années 1980.

Tout commence au mois d'octobre par la publication de La Consolation , récit dans lequel Flavie Flament dit avoir été violée par un « photographe célèbre » à l'âge de treize ans. La chasse aux sorcières débute sur Twitter: plusieurs noms sont cités par les internautes, dont celui de David Hamilton, qui a le plus de succès puisqu'il correspond aux descriptions faites par la présumée victime. En outre, l'inénarrable Thierry Ardisson balance en direct l'identité du « violeur » : David Hamilton.

La machine médiatique s'emballe : l'octogénaire est jeté en pâture à l'opinion. Ses dénégations n'y font rien, d'autant que Mme Flament le désigne publiquement comme son violeur. Puis, d'autres femmes sortent du bois et affirment avoir été violées par le même Hamilton. C'en est fini du photographe qui passe de « provocant » à « criminel » en quelques semaines.

A-t-il vraiment violé ces femmes ? Nul ne le saura.

Néanmoins, trois récurrences retiennent notre attention dans cette affaire.

La première, c'est celle d'un scénario réglé comme une horloge suisse : un homme (souvent blanc, riche et puissant) est accusé d'un viol remontant à plusieurs années ou décennies – impossible, donc, à prouver –, il nie en bloc et porte plainte pour diffamation ; d'autres femmes apparaissent alors comme par magie et répètent les mêmes accusations en ajoutant à qui mieux mieux des détails salaces. Si le présumé violeur est condamné, les féministes disent que « justice est faite » ; s'il est acquitté, on en conclut à une justice corrompue, à des juges misogynes. Coupable quel que soit le verdict.

On observe ensuite l'attitude moutonnière des médias qui boivent les paroles des présumées victimes. La fameuse présomption d'innocence n'a plus cours dès lors qu'il s'agit d'un délit sexuel. Notre société est à ce point victimophile qu'elle ne peut envisager de remettre en question une accusation d'agression sexuelle. Christian Iacono , et Loïc Sécher sont pourtant deux exemples d'hommes injustement accusés de viol. Et que dire de Bernard Hanse, cet honorable professeur qui s'est donné la mort après avoir été calomnié et traîné dans la boue pour une sombre affaire de pédophilie ? « Un enfant ne ment jamais », clamait alors Ségolène Royal…

Enfin, l'insupportable récupération de ces affaires par les féministes qui s'en emparent pour justifier leurs revendications telles que l'imprescriptibilité du viol, la subvention d'associations féministes ou des fonds faramineux pour financer leurs « campagnes de sensibilisation » sur les violences subies par les femmes.

Pour David Hamilton, il est trop tard. Et s'il faut, bien sûr, aider les femmes victimes de violences à se reconstruire, les « pseudo-coupables » qui font les délices des médias en mal de faits divers sordides ont parfois le dos large. « Savoir raison garder » , préconisait Aristote. En matière de justice plus qu'ailleurs…

Source : ‘Boulevard Voltaire'

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