Daech appelle au meurtre des enseignants de l'Ecole républicaine. Réaction de la Ministre ?

Cet appel au meurtre a été publié fin novembre.
Pourquoi ce très long silence de Mme la Ministre et des autorités françaises?

Le 10 décembre 2015

Par Christine Célérier

Professeur de Lettres

Dans le dernier numéro de son webmagazine francophone, Dar al Islam, Daech se glorifie des attentats du 13 novembre, en titrant “La France à genoux”. Il incite les parents musulmans à retirer leurs enfants des écoles publiques. Il vilipende “l'école à la française” et la “charte de la laïcité”. Mais il va plus loin et appelle même à tuer les “fonctionnaires de l'Education Nationale qui enseignent la laïcité”. Rien que cela.

Plusieurs journaux comme  Le Figaro, La Croix ou même La Tribune de Genève y ont consacré un article. Mais aucun de nos ministres, si prompts à s'exprimer d'ordinaire, n'a, à ma connaissance, réagi. Or cet appel au meurtre a été publié fin novembre. Pourquoi ce très long silence de Mme la Ministre et des autorités françaises?

Sa publication sur la Toile aurait dû être tout simplement interdite, elle ne l'a pas été. Elle devait alors au moins être fermement condamnée. Or ce samedi, tous les enseignants ont reçu un mail du ministère de l'Education nationale qui commence ainsi: “Le 9 décembre 2015, qui marque le 110e anniversaire de la loi de 1905, est une journée à laquelle le ministère de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche souhaite donner une solennité particulière.” On pourrait croire cette “solennité particulière” une réponse aux menaces de Daech contre les enseignants. Pas du tout: suivent dix lignes, sans aucune allusion à ce cri de guerre. Soit Mme Vallaud -Belkacem ne lit pas la presse, soit elle juge les appels au meurtre des enseignants insignifiants.

Et pourtant il y aurait eu matière à l'indigner, et même à l'inquiéter. En tout cas, nous, enseignants de l'école publique, nous ne pouvons être que très inquiets car, quand les islamistes ont, dans leurs publications ou leurs prêches, désigné des cibles, celles-ci ont systématiquement été atteintes: ce fut le cas pour Charlie Hebdo, pour les juifs, et aussi pour le Bataclan. Désormais, il faut ajouter les enseignants à cette liste noire.

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