Les certificats de «fréquentabilité» de la gauche française.

Le discours de la gauche française ressemble de plus en plus à un discours fasciste dont l'issue est l'exclusion et la chasse aux sorcières...

Par Jean-Pierre Pélaez

Le 29 octobre 2015

Le discours bien-pensant de la gauche française, complètement aux abois entre les échecs et les contradictions du gouvernement Hollande/Valls, et un bourrage de crâne médiatique que personne ne supporte, ressemble de plus en plus à un discours fasciste, dont l'issue est invariablement l'exclusion et la chasse aux sorcières…

Ne parvenant plus à argumenter, tant ses arguments sont faibles, cette gauche frappe celui qui la contredit d' infréquentabilité, imitée en cela par son alter ego la droite molle, depuis la girouette Sarkozy au prétendu vieux sage Juppé. Ce processus lui évite de débattre sur le fond ou d'avoir à reconnaître ce qui lui crève les yeux. Il lui suffit de décréter à propos de tel ou tel, sur ses idées ou sur des étiquettes autocollantes, qu'on ne discute pas avec « des gens pareils », qu'il est infréquentable, de le qualifier de populiste, réactionnaire, intégriste ou fasciste, et le tour est joué. Drapée dans sa posture et sa conscience morale, elle retrouve sa tour d'ivoire et sa supériorité intellectuelle, elle peut rester persuadée qu'elle détient la Vérité et qu'elle est démocrate.

Et même s'agissant de penseurs ou d'écrivains médiatiques, ou de personnalités politiques, les infréquentables poussent comme les champignons en septembre, quand il a bien plu. Déjà Onfray ou Debray, pourtant étiquetés plutôt à gauche, mais qui osent dire l'évidence, sont sur la mauvaise pente, et ils sont de plus en plus nombreux à se voir relégués dans les abîmes de l' infréquentabilité et, par voie de conséquence, privés de télévision, boycottés ou censurés, ou bien invités pour se retrouver face à une cohorte de journalistes hystériques qui leur assènent des leçons de morale socialiste.

Récemment, j'ai moi-même pu expérimenter cette méthode en direct, et in vivo  : un responsable culturel, qui se claironne « de gauche » – c'est bon pour la carrière – m'envoya, concernant l'un de mes écrits, un courriel d'une méchanceté et d'une mauvaise foi rares, et après m'avoir agoni et avoir traité ce texte de « torchon » (terme de mépris habituellement employé par les bien-pensants pour définir un texte qui les secoue), il m'informa qu'il refusait désormais tout commerce avec moi et qu'il était inutile que je lui réponde car cette réponse irait « directement au panier sans être lue » . C'est-à-dire qu'après m'avoir écrit ce qu'il avait à me dire, il refusait de lire ce que moi j'avais à lui dire en réponse.

Attitude particulièrement ouverte et tolérante, et surtout très courageuse. Sans doute voulait-il prévenir, par la même occasion, une volée de bois vert épistolaire. Mais ainsi, il n'avait plus à argumenter, il lui suffisait de me décréter infréquentable et fabricant de torchons et de repartir, serein, entre les douces serviettes de sa conformité.

Telle est la quintessence du discours de la gauche aujourd'hui : un monologue ininterrompu, un chœur d'autruches ou de perroquets disant tous ensemble la même chose en même temps, et qui ne veulent plus entendre ce qui dérange. L'ennui, c'est qu'à force de décréter de plus en plus de gens infréquentables, tous ces grands penseurs et défenseurs de la liberté d'expression finiront bientôt par n'avoir plus personne à fréquenter, ni à qui parler. De minoritaires, ils sont en passe de devenir ultra-minoritaires, ils seront bientôt groupusculaires, et crépusculaires. Mais ces groupuscules pourront se décerner entre soi, en tout petits comités, des certificats de fréquentabilité  !

Source : 'Boulevard Voltaire'

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