Rassemblement anti-migrants à Calais: 5 comparutions immédiates lundi, dont le Général Piquemal.

Le 7 février 2015

Cinq personnes, dont un général ancien patron de la légion étrangère, passeront en comparution immédiate lundi au tribunal de Boulogne-sur-Mer, après leur interpellation samedi à Calais lors d'un rassemblement hostile aux migrants, a-t-on appris de source judiciaire dimanche.

Le général Christian Piquemal désigné comme ayant eu « le rôle principal » dans cette manifestation interdite, sera poursuivi pour « participation à un attroupement qui ne s'est pas dissout après sommation » et les quatre autres personnes pour « port illégal d'armes ».

Ils risquent une peine allant jusqu'à un an de prison ferme.

« On sait bien que la manifestation a été interdite et que l'autorité de l'Etat a été défiée. Le général, il n'est pas venu à Calais pour faire de la figuration », a affirmé à l'AFP le procureur de Boulogne-sur-Mer, Jean-Pierre Valensi .

Les quatre autres individus avaient été contrôlés en amont de la manifestation et portaient sur elles « des armes dangereuses » de type Taser , poing américain et cutter.

« Ceux là, même s'ils n'ont pas participé à la manifestation, puisqu'ils ont été contrôlés avant, ils étaient là pour en découdre: on ne vient pas à une manifestation interdite avec des armes si on n'a pas l'intention d'en découdre », a expliqué cette même source.

Ces comparutions immédiates se dérouleront lundi « dans l'après-midi », selon le procureur.

Samedi soir, de nombreuses réactions à l'arrestation du militaire, ancien commandant de la Légion étrangère de 1994 à 1999, et qui n'est plus en service actif, venues de l'extrême droite agitaient les réseaux sociaux.

« Soutien au général , injustement et brutalement arrêté à ! », a écrit sur son compte twitter la députée FN Marion Maréchal-Le Pen. Gilbert Collard , député du Var, exprimait lui aussi son mécontentement sur le même réseau social. « Le général Piquemal , ancien Cdt de la LE, vient d'être arrêté à Calais pour cause de manifestation: une honte! ».

La manifestation de samedi à l'initiative du mouvement islamophobe Pegida , qui avait été interdite par les autorités, a été marqué par des échauffourées entre les forces de l'ordre et des manifestants, qui ont scandé des slogans tels que « on est chez nous! », « Etat dictateur », « migrants dehors » ou « journalistes collabos ».

Il y a eu plusieurs appels des autorités pour demander la dispersion du rassemblement, puis des charges des gendarmes ainsi que des tirs de gaz lacrymogènes. Vingt interpellations ont eu lieu.

Pegida , « Patriotes européens contre l'islamisation de l'Occident », mouvement d'extrême droite né en Allemagne à l'automne 2014, a appelé le 23 janvier à manifester dans plusieurs pays d'Europe ce samedi.

Source: 'Boulevard Voltaire'

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