L'Etat radical face
aux opinions «hors idéologie»

Par Xavier Scott

Le 24 avril 2016

Le problème n'est pas Le Lay mais un jugement qui traduit une radicalisation de l'État face à ceux qui ont des opinions « hors idéologie ».

Alors que la France du « Je suis Charlie » dégringole à la 45 e place en matière de liberté de la presse (classement de Reporters sans frontières), il y a des chances que dans les années à venir nous voyions cette descente s'accentuer. Ainsi, le 21 avril dernier, le tribunal correctionnel de Brest a condamné Boris Le Lay à deux ans de prison pour « provocation à la haine raciale » à l'encontre de Fatou Mano, vice-procureur au tribunal de Quimper sur la base d'un article de blog.

Retour sur les faits. Boris Le Lay, polémiste au casier chargé, est un fervent opposant à l'immigration extra-européenne et opposant aux avancées de l'islam en Europe. En mai 2015, il est condamné à six mois de prison ferme pour avoir déclaré à propos de Yannick Martin, sonneur noir du bagad Quimper, « qu'il n'y avait pas de Celtes noirs, qu'on n'en avait jamais vu, et qu'on n'en verrait jamais ». Il revient alors sur sa condamnation dans un article de blog intitulé « Ma condamnation préfigure la vôtre, vous deviendrez les esclaves des musulmans sur la terre de vos ancêtres », qui aura pour conséquence une plainte de Fatou Mano. Boris Le Lay remet alors en cause l'impartialité de la magistrate aux origines africaines dans sa première condamnation : « Car, comme le prénom du procureur précité le laisse paraître, c'est bien une Africaine qui a été chargée de mener la charge contre le Breton que je suis. »

Pour ces propos, le tribunal est allé bien au-delà des réquisitions du parquet. Ce dernier avait, en effet, requis 8 mois de prison ferme mais le tribunal a finalement condamné Boris Le Lay à un an de prison ferme, ainsi qu'à la révocation du sursis prononcé par la cour d'appel de Rennes en 2013, portant ainsi sa peine à deux ans de prison ferme, assortie d'un mandat d'arrêt à son encontre, car Boris Le Lay ne vit plus en France.

À titre personnel, je ne partage pas la vision raciale de Boris Le Lay. La France, c'est une allégeance et non pas une race. Des personnalités historiques telles que Thomas Alexandre Dumas (général de la Révolution française) ou encore Joséphine Baker (chanteuse et résistante) peuvent en témoigner.

Cela étant, le problème n'est pas Boris Le Lay mais un jugement qui traduit une radicalisation de l'État face à ceux qui ont des opinions « hors idéologie ». Jusqu'à présent, ces genres de délit étaient passibles de lourdes amendes ou de prison avec sursis, comme ce fut le cas avec Éric Zemmour en 2011 pour avoir déclaré que « la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c'est comme ça, c'est un fait » . Aujourd'hui, si vous ne faites pas attention à ce que vous dites, c'est la taule…

Pendant ce temps, l'imam de Brest n'est toujours pas inquiété pour avoir légitimé le viol des femmes non voilées et les djihadistes qui reviennent de Syrie se voient offrir des « stages de déradicalisation  ». Je doute que Boris Le Lay, et ceux qui suivront, auront droit à un stage et un traitement similaires.

Source : ‘Boulevard Voltaire'

Notre site