Avortement: le choix,
c'est aussi d'y renoncer

Le 26 novembre 2016

Par Aloysia Biessy

Les socialistes bafouent sans merci la volonté originelle de Simone Veil.

Comme une atmosphère de fin de règne, dans les couloirs de l'Assemblée. À l'approche de la chute, les textes militants s'enchaînent, rivalisant d'absurdité – instauration de « funérailles républicaines » – et d'élans mortifères – tentatives d'institution de la recherche sur l'embryon. Dernier coup de génie du groupe socialiste : la clique présentera, jeudi 1 er décembre, son texte sur « l'extension du délit d'entrave à l'interruption volontaire de grossesse » . Le rapporteur de ce texte aussi urgent que primordial ? Catherine Coutelle , dont le seul grand œuvre dans l'exercice de son mandat parlementaire fut la rédaction d'une proposition de résolution visant à réaffirmer le droit fondamental à l'IVG en France et en Europe. L'avortement ? Une obsession, pour le député de la Vienne, membre du conseil d'administration au Haut Conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes. Entre deux actions de sauvetage du Planning familial et la création d'associations bidon – Vers la parité dans la gauche plurielle -, ça bosse dur, dans les confortables fauteuils de velours rouge du Parlement.

Interrogation, devant l'article unique du texte, rédigé à la hâte en des termes hésitants frisant l' anticonstitutionnalité . L'objectif recherché : faire taire les sites soulignant qu'il existe des alternatives au sacro-saint avortement perpétuellement promu par les officines ministérielles. Il fallait contrer les « allégations, indications de nature à induire intentionnellement en erreur, dans un but dissuasif, sur les caractéristiques ou les conséquences médicales d'une interruption volontaire de grossesse » . Les parangons de la liberté d'expression se terrent, les Charlie ont rangé leurs pancartes. À ce jour, seuls trois députés ont amendé la proposition, qui viole pourtant impunément les principes de la pluralité d'opinions. Que la droite se révèle frileuse, à l'heure où les présidentielles censurent tout débat sur l'avortement, est un argument audible, quoique foncièrement malhonnête. L'instauration d'un tel délit d'opinion l'est, en revanche, beaucoup moins…

Des « gaullistes humanistes » aux jacobins patentés, les plus pudibonds se justifieront : face à une vision « rétrograde de la femme » resurgissant dangereusement dans l'horizon politique, leur inaction sera légitimée. À ceux-là, on rappellera les mots de celle qui, en 1974, instituait l'avortement en France. 

[Mon] projet n'interdit pas de donner des informations sur la loi et sur l'avortement ; il interdit l'incitation à l'avortement par quelque moyen que ce soit car cette incitation reste inadmissible. 1

En lançant ce projet, les socialistes bafouent sans merci la volonté originelle de Simone Veil, cette vieille rétrograde. Et face à ces militants trop zélés d'une gauche mortifère, les députés de droite ont jusqu'à lundi pour amender ce texte militant. Jusqu'à lundi pour faire preuve d'un sursaut d'honneur…

Notes:

  1. On notera que ces mots ont disparu des sites officiels des instances publiques.

Source : ‘Boulevard Voltaire'

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