Concessions d'autoroutes: l'Etat français organise sa propre spoliation !


Un exemple: le réseau Vinci.

La Cour des comptes, à plusieurs reprises, a épinglé les sociétés d'autoroute.

Le 27 août 2016

Par Mylan Douthe

Dans la deuxième quinzaine de ce mois, les militants de Debout la France ont distribué, un peu partout en France, des tracts aux usagers de l'autoroute. Par exemple, aux péages de Sées et Dozulé (en Normandie), ou encore à celui de Beaune (en Bourgogne). Tout ceci avec un objectif : sensibiliser sur la nécessité d'un retour des autoroutes sous le contrôle de l'État pour enrayer la hausse des tarifs.

Rappelons, ici, qu'en vertu de l'article 4 de la loi n° 55-435 du 18 avril 1955 portant statut des autoroutes, « l'usage des autoroutes est en principe gratuit ». En principe… Par conséquent, la situation actuelle n'est rien de moins – n'ayons pas peur des mots – qu'un hold-up financier au profit des grands groupes. À ce titre, on peut légitimement regretter qu'à l'exception notable de Nicolas Dupont-Aignan, justement, nos hommes et femmes politiques ne se bousculent pas au portillon du péage pour dénoncer ce que le député-maire d'Yerres appelle avec raison « un gigantesque scandale d'État ».

Un hold-up d'autant plus scandaleux, en effet, que l'État engage des investissements en infrastructures et finance ainsi actuellement environ 20 % du réseau total.

D'autant plus scandaleux que l'État impose, en quelques sorte, le système coûteux du péage dans la mesure où, alors qu'il a normalement pour mission de contrôler les exigences tarifaires, il n'en fait rien et laisse au contraire, de par son manque évident de courage politique, s'engraisser un monstre qu'il a créé de toute pièce. Car, oui, au cas où vous vous poseriez encore la question, l'État français organise sa propre spoliation !

La Cour des comptes, à plusieurs reprises, a épinglé les sociétés d'autoroute pour cette situation totalement inacceptable, comme par exemple en juillet 2013, où elle rendait un rapport dans lequel elle dénonçait, justement, le système de fixation des tarifs des autoroutes et leurs montants exorbitants. La Cour critiquait notamment le fait que « le rapport de force apparaît plus favorable aux sociétés concessionnaires » qu'aux pouvoirs publics.

Et s'il est vrai que, lors de son arrivée à Matignon en 2014, Manuel Valls avait un petit peu tapé du poing sur la table en assurant qu'il fallait « une meilleure régulation des péages » , en créant même un groupe de travail sur les autoroutes et allant jusqu'à envisager de résilier les concessions d'autoroutes dès 2016, il y a malheureusement bien vite renoncé ! Alors, à quand la résiliation des concessions d'autoroutes ?

Source : ‘Boulevard Voltaire'

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